La 350 BSA Fury d’ Hubert Rigal 1970

L’histoire de cette moto est tout à fait intéressante, car il s’agit du seul prototype Fury roulant dans le monde.

 

En 1970, l’usine avait mis en chantier un petite dizaine de protos double arbre BSA Fury et Triumph Bandit. Sur les cinq Fury construites, quatre sont connus. Il y en a une au musée de Birmingham, une au musée de Londres, une aux States, et une en Australie.

Ces deux dernières avaient été envoyées aux importateurs à l’époque pour étudier le marché.

Mais toutes ces quatre motos sont vides et non roulante. Celle qui nous intéresse était la machine de test de l’usine et servait aux ingénieurs pour les tests routiers. Il s’agit donc bien de la seule (authentique) roulante au monde.

Nous connaissons deux autres Fury, une en Angleterre et une dans une collection de BSA au Luxembourg, mais ces deux machines ont été remontées avec des pièces dont pas mal sont des copies et des reconstructions modernes.

L’histoire de cette moto est la suivante:

 

En 1971, l’usine BSA en proie à toutes les difficultés de la terre, arrête le développement du prototype « Fury». Celui ci restera posé contre un mur dans un couloir de l’usine pendant deux ans.

En 1973, Alan Cluwe, le patron de C.C.M, qui était client de l’usine, ou il achetait des pièces BSA et des moteurs monos réglait les pièces cash directement aux syndicats qui payaient les ouvrier en cash pour qu’ils restent en grève.

Lors d’un voyage à l’usine, un des responsables du syndicat propose à Alan Cluwe de prendre tout ce qu’il veut, car c’est le dernier voyage. Dès le lendemain, ce sera la fermeture définitive de l’usine (nous sommes en 1973). Alan charge le maximum de pièces dans son camion, et aperçoit la Fury contre le mur. Et ça, c’est quoi ? Bof, le proto, si tu le veux, tu l’embarques.

Et c’est comme ça que cette moto unique fut sortie en catimini de l’usine. Quelques jours plus tard, un Français qui courrait en moto cross avec des BSA se retrouve en Angleterre chez Cluwe pour acheter des pièces. Il tombe sur la Fury. C’est quoi ce truc ? C’est à vendre ? Ben oui.

Et c’est comme cela qu’elle se retrouva dans le sud de la France en Mars 1973, achetée par un Français qui la gardera pendant 35 ans.

L’impression de conduite se rapproche de l’utilisation d’une Honda CB 77 300 cc de 67 pour la partie cycle très légère, et de la Honda CB 450 double arbre de 1967 pour le moteur.

Ce moteur prend les tours facilement (10 000 Tr/mn) La boite est comme sur les Anglaise très douce. Les freins ne sont pas terribles, mais pour les années 70 ils étaient corrects. On est déphasé maintenant en roulant avec des engins modernes avec des doubles disques de 330 m/m.

Cette moto a été en partie restaurée, car elle n’avait pas tournée depuis des années.

 

Photos de Jean Pierre Pradères et texte d’Hubert Rigal

 

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