BSA, jeunesse, automne et feuilles mortes.
Publié : 15 oct. 2026, 11:37
En ce 12 novembre 1978, mon poteau Jacques et moi-même décidons d'aller faire de la moto tout terrain au Pays Basque, forêt d'Iraty, avec nos pétoires à tétines
affûtées comme jamais.
B40 et C15 sont les reines de la journée.
Le pique nique de rigueur dans le coffre de ma 204 diesel (thon sauce catalane, pâté de campagne, calendos et Vieux Papes rouge, un festin !), les meules dans la remorque,
et c'est parti !
C'est l'automne, mais la journée est très belle, il y a plein de feuilles mortes amassées par le vent, et surtout il n'y a per-so-nne, pas croisé un quidam depuis notre arrivée fin de matinée.

L'après midi nous permet de circuler entre sentiers et très petites routes, de trialiser par moments, de sauter des fossés, enfin bref s'amuser avec du mono 4 temps.


L'après midi se déroule sans problème, mais vers les 17h, le jour décline et nous rejoignons le parking du Chalet Pedro où se trouvent voiture et remorque.
La seule voiture que nous croisons en redescendant est une Renault 6 Sinpar (4x4) bleue avec gyrophare...

Conscients que nos motos ne sont pas "street legal" sur cette portion de route bitumée, Jacques célère sur son B40 et je fais de même... Las, le C15 n'aime pas les hauts régimes et très vite ça fait des Chtiaff, Pif Paf, Chploff et Brooo puis plus de bruit....
Ah si ! Un son se fait entendre, un 4 cylindre lui aussi dans les tours, et je le perçois
de l'autre côté de la colline.
Puis au détour du virage, la R6 penchée comme jamais déboule et se gare en crabe devant moi...
Game over.
Le contraste entre le son de la Renault et son arrivée façon Starsky et Hutch contraste avec le calme olympien du gendarme sortant de la voiture et ajustant son képi tandis
qu'il parcourt les 3 mètres pour venir jusqu'à moi...
Bon, je la fais courte, Jacques ne me voyant plus derrière lui est revenu sur ses pas et a été intercepté par le deuxième gendarme resté dans la R6.
Quelle aubaine! Interception de deux dangereux malfaiteurs sur des motos non conformes et sans papiers... Donc, deux prunes.
Au cas où, comme cette C15 provenait des domaines, j'ai déclaré qu'il s'agissait d'une Norton type 88...
Avec la fin de journée et celle du week end, la morosité s'est installée dans l'habitacle de la Pigeot... 15 Kms plus bas, se présente le village de Lecumberry, et Jacques me fait remarquer : "tiens, c'est là qu'ils sont ces cons là" en me montrant la gendarmerie sur main gauche avec la grande antenne sur le toit...
Ni une ni deux, je baisse ma vitre et lance un "bande de cons !" que je pense inaudible grâce au bruit du diesel...
Plusieurs kilomètres plus bas apparait dans mes rétros un feu clignotant bleu, que j'associe de suite à une ambulance. Je me serre aussitôt sur la droite autant qu'il est possible et réduis ma vitesse et attends que l'ambulance passe. Bon, pas de bol, c'est une Renault 6 bleue qui double...Et qui nous fait une queue de poisson.
A cet instant, je réalise que j'aurais mieux fait de fermer mon claque merde un peu plus tôt. S'ensuivent des questions insistantes sur ce que nous aurions crié en passant devant la gendarmerie... Je rétorque que je ne sais pas où est la gendarmerie, il m'est répondu qu'on la voit très bien quand on descend de la forêt d'Iraty grâce au mât de transmission. Avec nos dénégations, le préposé dit à son collègue d'appeler la brigade et d'aller demander au voisin d'en face qui était dans son poulailler s'il a entendu crier
au passage d'une voiture...
Quelques crépitements de radio plus tard, la réponse arrive de la R6, deux points ouvrez les guillemets: " il a entendu crier mais il n'a pas compris !"
Un faux témoin bienvenu, grâce lui soit rendue!
Après une inspection méticuleuse de notre ensemble routier chargé de deux motos, les gendarmes nous ont laissé repartir sans prune supplémentaire.
Epilogue:
Deux jours plus tard le gendarme Leroy se présente à l'hosto où je travaillais, on me prévient; j'accours, on le voyait de temps en temps aux urgences après des accidents de la route.
"Bon, on a reçu un télex (mais si) de la gendarmerie de Lecumberry qui nous informe que tu étais sur une moto non homologuée pour la route à Iraty. Si tu m'amènes demain la moto avec tous ses accessoires , je classe l'affaire.
C'est ainsi que j'ai garé la Norton (Atlas mais avec une carte grise de 88 mais c'est une autre histoire) devant la brigade de Bazas et que je suis allé sonner à la porte.
Le gendarme Leroy s'est soulevé de son siège pour regarder par la fenêtre et constater que j'avais "remis" les accessoires que j'avais "enlevé pour pas les casser en faisant du tout terrain" sur la moto verbalisée...

Alléluiah, l'affaire a été classée ! Mais 48 ans plus tard, la découverte de ces vieilles photos dans un tiroir m'ont ramené à ce que je viens de vous raconter.
affûtées comme jamais.
Le pique nique de rigueur dans le coffre de ma 204 diesel (thon sauce catalane, pâté de campagne, calendos et Vieux Papes rouge, un festin !), les meules dans la remorque,
et c'est parti !
C'est l'automne, mais la journée est très belle, il y a plein de feuilles mortes amassées par le vent, et surtout il n'y a per-so-nne, pas croisé un quidam depuis notre arrivée fin de matinée.

L'après midi nous permet de circuler entre sentiers et très petites routes, de trialiser par moments, de sauter des fossés, enfin bref s'amuser avec du mono 4 temps.


L'après midi se déroule sans problème, mais vers les 17h, le jour décline et nous rejoignons le parking du Chalet Pedro où se trouvent voiture et remorque.
La seule voiture que nous croisons en redescendant est une Renault 6 Sinpar (4x4) bleue avec gyrophare...

Conscients que nos motos ne sont pas "street legal" sur cette portion de route bitumée, Jacques célère sur son B40 et je fais de même... Las, le C15 n'aime pas les hauts régimes et très vite ça fait des Chtiaff, Pif Paf, Chploff et Brooo puis plus de bruit....
de l'autre côté de la colline.
Puis au détour du virage, la R6 penchée comme jamais déboule et se gare en crabe devant moi...
Le contraste entre le son de la Renault et son arrivée façon Starsky et Hutch contraste avec le calme olympien du gendarme sortant de la voiture et ajustant son képi tandis
qu'il parcourt les 3 mètres pour venir jusqu'à moi...
Bon, je la fais courte, Jacques ne me voyant plus derrière lui est revenu sur ses pas et a été intercepté par le deuxième gendarme resté dans la R6.
Quelle aubaine! Interception de deux dangereux malfaiteurs sur des motos non conformes et sans papiers... Donc, deux prunes.
Au cas où, comme cette C15 provenait des domaines, j'ai déclaré qu'il s'agissait d'une Norton type 88...
Avec la fin de journée et celle du week end, la morosité s'est installée dans l'habitacle de la Pigeot... 15 Kms plus bas, se présente le village de Lecumberry, et Jacques me fait remarquer : "tiens, c'est là qu'ils sont ces cons là" en me montrant la gendarmerie sur main gauche avec la grande antenne sur le toit...
Ni une ni deux, je baisse ma vitre et lance un "bande de cons !" que je pense inaudible grâce au bruit du diesel...
Plusieurs kilomètres plus bas apparait dans mes rétros un feu clignotant bleu, que j'associe de suite à une ambulance. Je me serre aussitôt sur la droite autant qu'il est possible et réduis ma vitesse et attends que l'ambulance passe. Bon, pas de bol, c'est une Renault 6 bleue qui double...Et qui nous fait une queue de poisson.
A cet instant, je réalise que j'aurais mieux fait de fermer mon claque merde un peu plus tôt. S'ensuivent des questions insistantes sur ce que nous aurions crié en passant devant la gendarmerie... Je rétorque que je ne sais pas où est la gendarmerie, il m'est répondu qu'on la voit très bien quand on descend de la forêt d'Iraty grâce au mât de transmission. Avec nos dénégations, le préposé dit à son collègue d'appeler la brigade et d'aller demander au voisin d'en face qui était dans son poulailler s'il a entendu crier
au passage d'une voiture...
Quelques crépitements de radio plus tard, la réponse arrive de la R6, deux points ouvrez les guillemets: " il a entendu crier mais il n'a pas compris !"
Un faux témoin bienvenu, grâce lui soit rendue!
Après une inspection méticuleuse de notre ensemble routier chargé de deux motos, les gendarmes nous ont laissé repartir sans prune supplémentaire.
Epilogue:
Deux jours plus tard le gendarme Leroy se présente à l'hosto où je travaillais, on me prévient; j'accours, on le voyait de temps en temps aux urgences après des accidents de la route.
"Bon, on a reçu un télex (mais si) de la gendarmerie de Lecumberry qui nous informe que tu étais sur une moto non homologuée pour la route à Iraty. Si tu m'amènes demain la moto avec tous ses accessoires , je classe l'affaire.
C'est ainsi que j'ai garé la Norton (Atlas mais avec une carte grise de 88 mais c'est une autre histoire) devant la brigade de Bazas et que je suis allé sonner à la porte.
Le gendarme Leroy s'est soulevé de son siège pour regarder par la fenêtre et constater que j'avais "remis" les accessoires que j'avais "enlevé pour pas les casser en faisant du tout terrain" sur la moto verbalisée...

Alléluiah, l'affaire a été classée ! Mais 48 ans plus tard, la découverte de ces vieilles photos dans un tiroir m'ont ramené à ce que je viens de vous raconter.






